Les problèmes causés par les acariens des stocks

Acariens Tyrophagus putrescentiae

Les acariens alimentaires (encore appelés acariens de stocks) sont présents dans des denrées alimentaires (aliments industriels secs comme dans la viande, le fromage, les fruits secs et  les céréales), dans lesquelles ils peuvent proliférer dans certaines conditions (chaleur et humidité excessives). On peut les trouver dans des stocks industriels ou dans les déchets de cuisine. Un problème important est la difficulté d’atteindre les acariens au sein de leur biotope (par exemple au sein des crevasses de la viande, dans les fruits secs, dans les grains des silos, là où les acariens pondent).

Conséquence de l’invasion

Les acariens alimentaires sont responsables de dégâts importants dans les stocks alimentaires. Par exemple, une perte estimée à 30 % est constatée dans les silos à grains. On considère qu’ils peuvent infester jusqu’à 40 % des céréales, de la farine et des biscuits mal emballés. Dans l'Horeca, 45% à 80% des poubelles sont constitués de déchets alimentaires dont une part non négligeable a été gâchée par les acariens. Le problème est important, tant d’un point de vue environnemental (utilisation excessive des ressources naturelles) qu’éthique (dévalorisation de la nourriture) et économique (dépenses inutiles et traitement des déchets). Le coût du gaspillage alimentaire ne résulte pas uniquement du coût de la gestion des déchets mais aussi de celui des produits achetés et du coût horaire du travail ainsi gaspillé.

Ils peuvent également poser des problèmes d’hygiène. De plus, leurs déchets métaboliques (excréments, résidus de mues) en font des responsables d’allergies respiratoires, alimentaires et dermatologiques (14,5% des employés de jambon, 11-33% des boulangers et 16% des fermiers). Ils sont également capables de provoquer des irritations de la peau ou des intestins. Les chiens et chats sont également sensibles à ces acariens et peuvent en souffrir.

Le problème est loin d’être résolu

Ces acariens alimentaires se multiplient sur les jambons et salaison lors de leur processus de maturation, sur les fromages, dans les croquettes pour chiens et chats, dans les aliments secs pour humains, dans les silos à grains, …. Le marché des produits contrôlant les acariens dans les réserves alimentaires représente donc un grand potentiel. Pour lutter contre les acariens alimentaires, les pesticides sont l’arme principale utilisée par les gestionnaires de denrées. Mais, ils ont des effets drastiques sur la santé humaine (EFSA, INSERM) et il a été constaté que les acariens deviennent résistants aux insecticides en 4-5 ans. Il est donc nécessaire de constamment développer de nouvelles recherches pour découvrir de nouveaux biocides.

Les problèmes posés par ces acariens alimentaires (destruction, allergie, hygiène) sont donc loin d’être résolus. Une recherche industrielle de fond doit être mise en place pour contrôler la présence excessive de ces animaux qui est directement responsable de dégâts sur les stocks et responsable d’allergopathologies professionnelles en plus d’être indirectement responsables des problèmes engendrés par l’utilisation de pesticides.

Les acariens alimentaires sont responsables de dégâts importants dans les stocks alimentaires

Qui sont ces acariens alimentaires ?

Acariens Tyrophagus putrescentiae 2

Les espèces les plus fréquentes dans les réserves alimentaires sont Acarus siro, Tyrophagus putrescentiae, Lepidoglyphus destructor et Glycyphagus domesticus.

Difficilement visibles à l’oeil nu, ces acariens sont des arachnides (apparentés aux araignées) qui mesurent moins d’1 millimètre (entre 0,2 et 0,3 mm de long).

Ils sont capables de se multiplier dans tous les types d’aliments et à tous les stades de production des aliments donc dans les silos à grains, dans les sacs de farine, dans le muesli, dans les croquettes pour chiens, dans les fromages, …

Acariens Tyrophagus putrescentiae sur flocon davoine muesli

Ces acariens ont besoin d’un milieu chaud et très humide pour se développer, de préférence 25-30 °C et 80-90 % d’humidité relative.

Ils vivent en symbiose avec des moisissures. Ils s’en nourrissent et les dispersent. Les spores des moisissures qui sont avalées ne sont pas dégradées par la digestion et sont semées par les acariens alimentaires. L’acarien trouve donc une source alimentaire dans le champignon qui, lui, se voit offrir rapidement un plus grand espace de dissémination. En conséquence, on sous-estime généralement l’importance du facteur acariens dans la gestion des stocks car leur présence est plutôt discrète mais les conséquences qu’ils engendrent, à savoir une multiplication et une dissémination accélérées des champignons, est visible à l’œil nu. En d’autres mots, les dégâts dus à la présence des acariens sont attribués uniquement aux champignons. Le gestionnaire des stocks jette la nourriture moisie par les acariens, sans chercher à contrôler la cause de la dispersion rapide de cette moisissure.

Ces acariens ont besoin d’un milieu chaud et très humide pour se développer

Les solutions actuelles

Selon la nourriture attaquée, on élimine les acariens alimentaires par :

  • le froid (congélation) : Cette méthode est la plus efficace mais elle ne convient pas à tous les aliments (par exemple les fromages).
  • le remplacement de l’oxygène par l’injection d’azote dans des sacs de stockage hermétiques :  Cette mesure a deux inconvénients. Premièrement, elle est moyennement efficace car il est impossible d’éliminer tout l’oxygène et la quantité restante suffit aux acariens. Deuxièmement, elle fonctionne tant que le sac n’est pas ouvert ou crevé.
  • des pesticides  :  Pour lutter contre les acariens alimentaires, les pesticides sont l’arme principale utilisée par les gestionnaires de denrées. Mais, ils ont des effets drastiques sur la santé humaine (EFSA, INSERM). C’est pourquoi nombre de ces pesticides ont récemment été interdits et il est possible que d’autres soient encore retirés du marché. En effet, un rapport parlementaire français récent constate que les dangers et les risques liés aux pesticides sont sous-évalués et que les protections sont insuffisantes.

Les pesticides les plus utilisés contre ces acariens sont le plus souvent des produits à base de pyrèthre qui sont présentés comme non nocifs. En réalité, Les études toxicologiques réalisées sont généralement effectuées sur de courtes périodes, sans mesurer l’incidence de l’accumulation de ces biocides sur les organismes humains. De plus, il a été constaté que les acariens deviennent résistants aux insecticides en 4-5 ans. Il est donc nécessaire de constamment développer de nouvelles recherches pour découvrir de nouveaux biocides. Cependant,  la nécessité d’introduire des complexes chimiques eux-mêmes non allergisants réduit le champ d’investigation.

Pour lutter contre les acariens alimentaires, les pesticides sont l’arme principale utilisée par les gestionnaires de denrées.

Notre solution

Produire moins de déchets alimentaires, limiter les allergopathies et faire plus de bénéfices en limitant les produits détruits par les acariens alimentaires, c'est possible. Voilà pourquoi nous allons étudier la vie sociale et plus particulièrement la communication chez ces arachnides. Notre objectif est de trouver des moyens pour les attirer et les éliminer sans toxiques, de manière similaire à ce que nous avons fait pour mettre au point Acar’up. Ces animaux, mal connus et mal étudiés, communiquent entre eux grâce à des molécules chimiques qui peuvent être utilisées comme appât les attirant vers un piège.

Les pièges attractifs qui pourront être créés représenteront une alternative intéressante pour les gestionnaires de stocks. Les dérivés pour ce type de produit dépendent du type de nourriture à protéger. Ils  devront être adaptés à l’industrie de fabrication des salaisons, des autres viandes, des céréales, des croquettes pour chat et pour chien, du fromage,…

Les pièges attractifs qui pourront être créés représenteront une alternative intéressante pour les gestionnaires de stocks. 

 

Le saviez-vous ?

Depuis des siècles, des fromagers sèment des acariens alimentaires (Acarus siro et Tyrophagus casei) sur la croûte de leurs fromages pour en permettre l’affinage. C’est le cas lors de la fabrication du Velay (Auvergne, France), de la Mimolette vieille (Flandre Française) et de certaines tommes (Savoie, France). Comment les acariens apportent-ils cette inimitable saveur acide dont raffolent les gourmands ? Cela reste un mystère mais le succès des marchés insolites où l’on peut trouver ces fromages à artisons prouve bien leur apport inégalable.

Pour en savoir plus sur les acariens

www.acari.be